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Présentation du programme Olympe

Ce programme vise à promouvoir au plan francophone, dans une approche transdisciplinaire, les études féministes et de genre en droit international. Depuis plus de 40 ans, les études féministes, puis de genre, y compris LGBTQIA (1), et enfin queer, se sont constituées à la fois en véritable discipline académique et en posture épistémologique dans le monde anglophone. Formées à la croisée de la sociologie, de l’histoire, de la science politique ou encore de la philosophie politique et notamment marxiste, ces études n’ont que trop peu, eu égard à l’impact que la matière juridique a eu sur la question du genre dans nos sociétés, touché au droit avant les années 90, si ce n’est plus tardivement encore pour le monde non anglophone. En tant que produit post-éthique et force d’impulsion pré-éthique, le droit est par nature consécration et instrumentalisation des relations de genre comme rapport intersectionnel de pouvoir. En prendre connaissance exige dès lors une indispensable déconstruction/reconstruction, à la fois aux plans historique, théorique et pratique, du discours juridique, ici international.

Cette déconstruction/reconstruction ayant déjà été engagée avec profit dans le monde anglophone, le programme d’Etudes transjuridiques féministes et de genre aura ainsi pour objectifs :

1) de faire découvrir ces travaux au monde francophone, de les discuter de façon critique,  tout en  mobilisant la très riche tradition féministe francophone afin de développer de nouvelles études en ce domaine en droit international ;

2) de contribuer de façon active à une approche intégrée de la dimension de genre au plan normatif et institutionnel du droit international, approche qui a pour ambition de renforcer l’égalité sociale et économique des personnes quelle que soit leur identité de genre ou leur orientation sexuelle, tout en faisant du genre un élément explicite et incontournable du contenu des politiques internationales ;

3) mais aussi de s’interroger sur les dimensions globales de ce que l’on appelle désormais la gouvernance féministe, et d’identifier des solutions aux impasses que le « gender mainstreaming » a déjà engendrées ;

4) et, enfin, de bâtir une plateforme institutionnelle sur laquelle un réseau de chercheur-e-s, praticien-ne-s et autres professionnel-le-s intéressées par ces questions pourra s’appuyer en vue de contribuer à la mise en œuvre des objectifs susmentionnés.

Le réseau Olympe a été créé le 25 février 2014 à l’Université Paris 1 et dénommé ainsi en hommage à Olympe de Gouges, une des premières féministes françaises.

(1) L’acronyme, d’origine anglophone, correspond aux initiales des termes relatif à diverses orientations et identités sexuelles suivants : lesbien, gay, bi, transsexuel ou transgenre, queer ou « questioning », intersexe, et asexuel ou allié.

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