COP21

Colloque « Climat: les femmes s’engagent »: intervention forte de la Ministre française des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes

Le 16 octobre dernier s’est tenu au Ministère français des Affaires étrangères et du Développement international le colloque « Climat : les femmes s’engagent ». A cette occasion, la Ministre française des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes est intervenue et a prononcé le discours ci-dessous qui mérite d’être reproduit au vu de sa qualité et de sa concise exhaustivité sur le sujet.


 

Intervention de Marisol Touraine
Ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes Colloque « Climat : les femmes s’engagent »
Vendredi 16 octobre 2015

Monsieur le Ministre, Laurent FABIUS,
Madame la Ministre, Pascale BOISTARD,
Mesdames les présidentes des délégations aux droits des femmes de l’Assemblée nationale et du Sénat, Catherine COUTELLE et Chantal JOUANNO,
Madame la directrice générale de l’UNESCO, Irina BOKOVA,
Madame la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, Michaëlle JEAN,
Monsieur le sous-secrétaire général d’ONU Femmes, Yannick GLEMAREC,
Madame la présidente du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, Danielle BOUSQUET,
Mesdames, Messieurs,

Dans quelques semaines, le monde aura les yeux rivés sur la France. Les chefs d’Etat du monde entier se réuniront à Paris, avec la responsabilitéimmense de s’accorder pour franchir une étape historique dans la lutte contre le dérèglement climatique.

Si nous sommes réunis ce matin, c’est pour dire notre détermination à ce que la place des femmes dans ce combat soit reconnue, assumée, affirmée.

Les femmes sont en première ligne face au changement climatique, les débats qui ont eu lieu ont permis de le rappeler. 70% des personnes qui, dans le monde, vivent sous le seuil de pauvreté, sont des femmes. Et nous savons combien, du fait de cette situation économique et du rôle qui leur est assigné, elles subissent la raréfaction des ressources. Combien elles sont frappées les premières par les dérèglements climatiques. Combien elles ont à sacrifier de leur temps, de leur énergie – et donc de leur vie – pour survivre dans un environnement qui devient moins hospitalier.

Mais en rester à ce constat ne suffit pas. Chercher un accord au sein duquel la place des femmes est affirmée, ce n’est pas demander l’octroi d’un statut de victime. C’est réclamer la reconnaissance d’une réalité indiscutable : aucune page nouvelle dans la lutte contre le changement climatique ne pourra s’écrire sans les femmes. Pas simplement parce que les femmes représentent la moitié de l’humanité. Mais parce qu’elles ont, par leur place et leur engagement quotidien, un rôle clé dans la construction d’une société durable.

La gestion quotidienne des ressources naturelles de la planète fait intervenir le travail des femmes. Dans les pays en développement, ce sont elles qui produisent la nourriture. Ce sont elles qui, chaque jour, vont chercher l’eau, le bois, procurent l’énergie à leur foyer. Les femmes ont, dans leurs actions du quotidien, la possibilité de porter des solutions protectrices de l’environnement. Et elles le font.

Dans ces pays en développement, des femmes transmettent des savoir-faire, développent des pratiques, construisent des projets respectueux de l’environnement.

Dans le désert du sud-est marocain, des femmes préservent les oasis en développant des cultures nouvelles. Au Sénégal, elles préviennent la surpêche et la déforestation grâce à de nouvelles techniques de conservation du poisson. Au Tchad, des femmes ont conçu des cuiseurs fonctionnant à l’énergie solaire et je salue la présence de Colette BENOUDJI,

I. Partout sur la planète, des femmes s’engagent quotidiennement pour construire cette société plus respectueuse de l’environnement.

La gestion quotidienne des ressources naturelles de la planète fait intervenir le travail des femmes. Dans les pays en développement, ce sont elles qui produisent la nourriture. Ce sont elles qui, chaque jour, vont chercher l’eau, le bois, procurent l’énergie à leur foyer. Les femmes ont, dans leurs actions du quotidien, la possibilité de porter des solutions protectrices de l’environnement. Et elles le font.

Dans ces pays en développement, des femmes transmettent des savoir-faire, développent des pratiques, construisent des projets respectueux de l’environnement.

Dans le désert du sud-est marocain, des femmes préservent les oasis en développant des cultures nouvelles. Au Sénégal, elles préviennent la surpêche et la déforestation grâce à de nouvelles techniques de conservation du poisson. Au Tchad, des femmes ont conçu des cuiseurs fonctionnant à l’énergie solaire et je salue la présence de Colette BENOUDJI, de l’ONG Lead Tchad. Aux Caraïbes, les femmes se forment à la gestion de l’eau et au Viet Nam, à la gestion des catastrophes naturelles.

Et puis, il y a évidemment ces femmes qui inventent des technologies ou gèrent des entreprises du secteur de la transition énergétique – nous avons entendu certaines d’entre elles ce matin. Elles développent de nouvelles activités qui atténuent les effets des changements climatiques tout en assurant leur autonomie financière.

La France est à l’initiative. Notre pays s’est doté d’une stratégie «genre et développement », dont le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes a souligné l’efficacité. En 2014, un quart des projets que nous avons financés dans le cadre de l’aide au développement ont directement contribué à renforcer l’égalité entre les femmes et les hommes.

La communauté internationale se mobilise elle-aussi. L’égalité des sexes fait partie des 17 objectifs de développement durable.

ONU Femmes joue un rôle majeur que je veux saluer. Certains des projets que je viens d’évoquer n’auraient pu voir le jour sans son soutien.

Plus récemment, et c’est un progrès fondamental, le Fonds vert pour le climat a adopté un plan d’action sur le genre et intégré l’égalité entre les sexes parmi ses principes directeurs. Des fonds viendront désormais soutenir directement les actions contribuant à l’égalité entre les femmes et les hommes et à l’atténuation de l’impact des changements climatiques sur les femmes.

Peu à peu, le monde prend conscience du rôle que jouent, que doivent jouer, que joueront les femmes dans la protection de l’environnement. Notre responsabilité collective est de lui donner un nouvel élan.

II. La responsabilité qui est la nôtre est de soutenir leur engagement. Le soutenir en en parlant, en le reconnaissant. Le soutenir financièrement, aussi, pour permettre sa diffusion.

La France est à l’initiative. Notre pays s’est doté d’une stratégie «genre et développement », dont le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes a souligné l’efficacité. En 2014, un quart des projets que nous avons financés dans le cadre de l’aide au développement ont directement contribué à renforcer l’égalité entre les femmes et les hommes.

La communauté internationale se mobilise elle-aussi. L’égalité des sexes fait partie des 17 objectifs de développement durable.

ONU Femmes joue un rôle majeur que je veux saluer. Certains des projets que je viens d’évoquer n’auraient pu voir le jour sans son soutien.

Plus récemment, et c’est un progrès fondamental, le Fonds vert pour le climat a adopté un plan d’action sur le genre et intégré l’égalité entre les sexes parmi ses principes directeurs. Des fonds viendront désormais soutenir directement les actions contribuant à l’égalité entre les femmes et les hommes et à l’atténuation de l’impact des changements climatiques sur les femmes.

Peu à peu, le monde prend conscience du rôle que jouent, que doivent jouer, que joueront les femmes dans la protection de l’environnement. Notre responsabilité collective est de lui donner un nouvel élan.

III. A quelques semaines de la COP 21, je veux réaffirmer la mobilisation totale du Gouvernement pour que l’égalité entre les femmes et les hommes soit au cœur des travaux.

En tant que Ministre des Droits des femmes, je poursuis quatre objectifs pour cette conférence.

Premier objectif, la mention des droits des femmes au sein de l’accord. L’objet de nos échanges de ce matin doit être inscrit « noir sur blanc » dans l’accord final. Pour y parvenir, il nous faudra poursuivre notre mobilisation et réaffirmer sans cesse notre engagement. Parce qu’un tiers seulement des contributions nationales pour la COP 21 mentionne l’égalité entre les femmes et les hommes. Parce que l’an dernier, à Lima, certains pays conservateurs ont refusé d’intégrer la question du genre dans l’accord. Parce que cette question n’est à ce stade qu’une option du projet de texte. Alors je le dis clairement, il nous faudra redoubler de vigilance. Vous pouvez compter sur ma détermination, dans les prochaines semaines.

Deuxième objectif, que les femmes soient présentes dans les délégations des parties. Le nombre de femmes dans les délégations a stagné entre la COP 19 et la COP 20. Je souhaite que la conférence de Paris marque un progrès historique en la matière. Ce souhait rejoint mon ambition, plus large, que les femmes ne soient plus cantonnées à l’exécution mais participent, au plus haut niveau, aux processus de décision.

Troisième objectif, que les projets portés par des femmes soient considérés comme prioritaires dans les moyens financiers qui seront dégagés à Paris. Le Président de la République a rappelé cette volonté portée par la France en septembre dernier à l’ONU.

Enfin, quatrième objectif, que la mise en œuvre du programme de travail relatif au genre lancé lors de la COP20 de Lima se poursuive et gagne en importance. Ce programme invite les parties à la COP à agir à quatre niveaux : le renforcement de la représentation des femmes au sein des négociations climatiques, l’appui des activités de sensibilisation et de formation sur le genre et le climat, l’organisation d’ateliers spécifiques sur ces questions et enfin, la nomination d’un coordonnateur principal spécialiste des questions de genre.

***

Mesdames, Messieurs,

Un accord ambitieux sur le climat, c’est aussi un accord qui fera progresser l’émancipation des femmes. C’est un engagement pour l’avenir, pour construire une société plus juste et plus respectueuse des droits humains et de l’environnement. Mais c’est aussi un engagement pour que, dès aujourd’hui, le rôle central des femmes soit reconnu et leurs actions, qui protègent le climat autant qu’elles favorisent leur autonomie, soient pleinement encouragées et soutenues.

Je vous remercie.

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