Olympe de Gouges: vie et mort | life and death

Olympe de Gouges :

la voix presqu’isolée d’une femme dans un monde réservé aux seuls hommes

Eléments de biographie 1

Dominique Gaurier (Université de Nantes)

Née en 1748, officiellement de Pierre Gouze, boucher à Montauban, et de Anne-Olympe Mouisset, son épouse, mais en réalité fille illégitime, ou « bâtarde » selon le vocabulaire de l’époque, du marquis Le Franc de Pompignan, un homme de lettres, Olympe laissa un récit de son enfance pauvre et de sa difficile jeunesse dans un roman autobiographique qu’elle réalisa plus tard sous le titre Mémoires de Madame de Valmont.

Elle dit avoir été abandonnée à l’âge de six ans par ce père volage, pourtant dévot et rigide, volontiers défenseur des privilèges et devenu à ce titre, la tête de turc de Voltaire. Jean-Jacques Le Franc de Pompignan était un magistrat et un écrivain, dont sa fille exagéra beaucoup le talent. Il n’en connut pas moins une certaine célébrité en son temps, à laquelle Voltaire avait sans doute aussi beaucoup contribué2.

A seize ans, la jeune Olympe épousait Louis-Yves Aubry, d’abord officier de bouche, puis traiteur à Montauban. Dans son roman, elle avoue n’avoir pas aimé cet homme, plus âgé qu’elle, qui eut le temps de lui faire un enfant avant de mourir quelques mois plus tard. Devenue libre, elle entendait désormais le rester. Elle inspira pourtant une passion durable à un homme célibataire riche, Jacques Biétrix de Rozières, entrepreneur de transports militaires, qui l’emmena à Paris avec son fils. Elle se refusa toujours à assurer sa sécurité en l’épousant, contrevenant directement aux lois de son sexe. C’est sans doute dans ce refus du mariage qu’il faut trouver la raison qui en fit une femme galante, dès lors qu’en dehors du mariage, seule la galanterie permettait à une femme d’assurer ses moyens d’existence.

Olympe refusa toujours de se faire appeler la « veuve Aubry », comme l’usage de son temps le voulait, et décida de modifier son nom de Gouze en devenant ainsi Olympe de Gouges. Autre entorse, s’il en était une, aux mœurs très convenues de son époque. Elle était une fille « bâtarde », situation très peu confortable en cette fin du XVIIIe siècle quant à la position juridique, dès lors que les enfants illégitimes non reconnus ne bénéficiaient d’aucun droit à la succession de leur père. Bien évidemment, Le Franc de Pompignan refusa toujours cette reconnaissance avec une hypocrisie consommée. Pourtant, cette situation ne semble pas avoir beaucoup pesé à Olympe. Illettrée, parlant un des dialectes occitans, elle prit le parti de se lancer, peut-être avec beaucoup de naïveté, dans la carrière des lettres.

Certains auteurs de la fin du XIXe siècle, comme Charles Monselet, ne croyait guère à l’existence d’une telle vocation littéraire et la mettait sur le compte de l’âge qui, les trente ans venus, l’obligeait à réorienter sa carrière. Elle écrivit plusieurs pièces de théâtre en abordant des thèmes peu courus à l’époque, notamment l’esclavage avec la pièce Zamore et Mirza, pourtant acceptée en 1785 au comité de lecture de la Comédie Française, mais finalement repoussée sur l’intervention du duc de Duras, académicien, maréchal de France et suppôt fervent du parti des colons. Elle produisit d’autres pièces, dont une que Beaumarchais fit également refuser pour cause de plagiat prétendu, avec les Amours de Chérubin, destinés à donner une suite au Mariage de Figaro, devenue lors de sa publication en 1786, le Mariage inattendu de Chérubin, pièce dont le critique littéraire La Harpe reconnaissait le talent, l’esprit et l’imagination.

Finalement, la Comédie Française accepta de jouer Zamore et Mirza, rebaptisée L’esclavage des Nègres. Olympe publia à cette occasion des Réflexions sur les hommes nègres, texte très en avance sur la future création des Amis des Noirs fondée par le Girondin Brissot à Paris, condamnant le commerce négrier qualifié d’infâme. La réponse ne se fit pas attendre et une brochure anonyme émanant des colons fut distribuée dans tout Paris pour s’opposer à cette pièce. La critique qu’en fit le Moniteur parle cependant d’une production des plus romanesques portée sur scène, tandis que les feuilles monarchistes et conservatrices, conspuèrent tant l’auteur, une femme qui ne savait pas rester à sa place de femme, que la pièce elle-même. La pièce ne fut représentée que trois fois et, par la suite, le théâtre, au répertoire duquel la pièce était inscrite, refusa toujours d’en faire la reprise. Excès de pouvoir qui privait totalement les auteurs de tout droit sur leur propre production.

Elle continua cependant à composer d’autres pièces, comme Les Vœux forcés, écrite en 1790 pour dénoncer l’usage selon lequel on enfermait dans les couvents les jeunes filles orphelines et sans dot en les contraignant à prononcer leurs vœux monastiques, pièce qui fut jouée quatre-vingts fois au Théâtre Comique et Lyrique. Antérieurement, en 1787, elle avait donné Le philosophe corrigé ou le Cocu supposé, pièce qu’elle fit précéder d’une profession de foi à la fois naïve et provocatrice. Ce fut par la suite une de ses meilleures pièces, avec Molière chez Ninon, à propos de laquelle le Journal Encyclopédique souligna le manque de jugement de la Comédie Française et le fait de ne rien entendre à ses propres intérêts pour l’avoir refusée. En 1791, elle fit jouer à la Comédie Italienne son Mirabeau aux Champs-Elysées, pièce dans laquelle elle faisait intervenir côte à côte Louis XII, Henri IV, Louis XIV, Franklin, Madame de Sévigné et Ninon de Lenclos, femme fatale indépendante qui fréquentait les hommes de lettres et les philosophes, dont Olympe se sentait proche.

Par ailleurs, outre le roman biographique déjà signalé, elle fit paraître son Prince philosophe, gros roman politico-philosophique, dans lequel elle développa des vues sur l’égalité des sexes très en avance sur son temps.

Avec les premiers sursauts de la Révolution française, Olympe se résolut à abandonner la carrière littéraire pour s’engager dans la voie politique. Elle avait alors trente-huit ans. Elle déplora l’impossibilité pour une femme d’occuper une fonction élective, une fonction publique, de pouvoir participer aux assemblées, bref d’être mise totalement de côté avec ses congénères en laissant ce pouvoir aux seuls hommes. Elle avait fait publier dès 1788 dans le Journal Général de France une brochure politique intitulée Lettre au peuple ou projet d’une Caisse patriotique, projet qui ne passa pas totalement inaperçu et qu’elle compléta de Remarques Patriotiques, dans lesquelles se trouvent bon nombre d’idées très avant-gardistes qui ne furent mises en place qu’un siècle plus tard. Elle fut ainsi la première à évoquer l’assistance sociale, les établissements d’accueil pour les vieillards, les refuges pour enfants d’ouvriers, les ateliers publics pour les désœuvrés, et propose même la création du tribunaux populaires appelés à juger en matière criminelle, qui préfigurent nos actuelles cours d’assises. Elle parla aussi de l’assainissement des hôpitaux et de la déplorable hygiène des maternités, préfigurant par là la démarche que poursuivit plus tard Florence Nightingale. Pour financer un tel programme, elle proposa alors de taxer les produits de luxe.

Face aux critiques qu’elle suscita, en ne laissant pas place à la charité telle que définie par l’Eglise, mais néanmoins laissée au seul caprice de chacun, elle devait devenir elle-même reportrice et se rendit dans l’indigent hospice de Saint-Denis pour en décrire tous les défauts qui s’y étaient accumulés sans jamais susciter quelque réforme.

Durant les premiers mois de la Révolution, elle n’hésita pas à arroser véritablement les députés, la Cour et le public d’une masse de pamphlets, de pétitions, faisant l’objet des railleries d’une presse résolument misogyne. Elle espéra beaucoup en 1790 de la Vindication of the Rights of Women de Mary Wollestonecraft, très rapidement traduite en français, celle-là même qu’Horace Walpole, avec une délicatesse accomplie, avait surnommée « la hyène en jupons ». En France, Condorcet, avant d’en rabattre sur le sujet devant l’opposition acharnée de ses collègues députés exclusivement masculins, avait pourtant lui-même rendu public son manifeste historique Sur l’admission des femmes au droit de cité en 1790. Il y proposait, au grand scandale des députés de la Constituante, un droit égal au vote pour les femmes.

On comprend mieux ainsi pourquoi la Déclaration des Droits de la Femme qu’Olympe de Gouges donna en 1791 devait paraître à la fois si choquante, si déplacée et si scandaleuse. Cette déclaration était inspirée de la Déclaration de 1789, mais en allant beaucoup plus loin que cette dernière. Hormis quelques réactions individuelles, elle fut totalement ignorée des hommes, bien, évidemment, mais bien peu de femmes osèrent par ailleurs la relayer. Seule, peut-être, Théroigne de Méricourt demanda le droit pour les femmes à l’instruction, première liberté dont toutes les autres dépendaient. Mais aucune n’alla aussi loin qu’Olyme en demandant l’égalité des sexes. On en lira le texte complet ailleurs.

Lorsqu’arriva la nouvelle orientation prise par la Révolution Française en 1792, une fois la monarchie abolie, alors que commençait en décembre 1792 le procès fait à Louis XVI, Olympe de Gouges publia un Manifeste contre la peine de mort qui devait s’ajouter aux autres charges retenues contre elle lors de son procès. Alors qu’elle avait donné une autre pièce, intitulée L’entrée de Dumouriez à Bruxelles, un mois plus tard, les ramées de ce dernier étaient vaincues sur le Rhin et en Belgique. Par ailleurs, la révolte vendéenne commençait à se soulever et les députés Girondins furent accusés par les extrémistes Montagnards, Olympe ne refusant jamais de défendre les premiers contre les excès des seconds. Aussi, ces derniers avaient-ils envisagé de lui tendre une embuscade dans Paris pour la fesser en public, comme ils l’avaient fait avec Théroigne de Méricourt. Mais elle réussit à leur échapper.

Cela ne l’empêcha cependant pas de publier ses Œuvres politiques complètes, bien qu’elle ait été parfaitement consciente qu’elle pouvait ainsi risquer la mort. Quelques mois auparavant, elle n’avait pas hésité à s’attaquer durement à Robespierre et Marat, à ses yeux, les véritables auteurs de la Terreur. Elle voulut faire afficher ce placard dans tout Paris, mais l’imprimeur de l’affiche la dénonça et elle fut aussitôt arrêtée et détenue à l’Abbaye de Saint-Germain des Prés. Tous ses amis étaient ou bien morts ou en fuite et même son fils fut contraint de la renier. Elle arriva cependant à faire sortir un autre placard qui décrivait ses conditions de détention. Elle fut alors évacuée à la pension de santé Belhomme, maison réservée aux plus riches qui devaient y payer fort cher leur séjour. Olympe, après y avoir consacré ses derniers bijoux, ne put s’y maintenir longtemps. Quelques temps après, elle fut transférée à la Conciergerie, antichambre de la mort.

Olympe, malade, comparut alors devant un tribunal présidé par Herman, un fidèle de Robespierrre. On lui refusa l’assistance d’un avocat et elle dut se défendre seule. Sans surprise, elle fut condamnée à mort et fut décapitée le 3 novembre 1793.

Il faut rappeler que la Convention avait décrété dès le 30 octobre 1793 que les clubs et société populaires de femmes étaient interdits3. Un autre décret de la Convention, un an plus tard, le 28 mai 1795 (4 prairial an III), chassait les femmes des assemblées politiques4. Décidément, la Révolution n’était guère féministe.

Les différents commentaires qui furent faits dans la presse après la mort d’Olympe furent absolument honteux, notamment celui du Moniteur universel : « Olympe de Gouges, née avec une imagination exaltée, prit son délire pour une inspiration de la nature. Elle voulut être homme d’Etat et il semble que la loi ait puni cette conspiratrice d’avoir oublié les vertus qui conviennent à son sexe ». 5

Par la suite, plus d’un siècle plus tard, un Diafoirus de la psychiatrie avançait crânement un diagnostic pour définir la maladie mentale dont était atteinte Olympe, mais aussi d’autres femmes qui avaient voulu s’émanciper :

« Olympe de Gouges peut être classée parmi les personnalités délirantes, atteintes de paranoia reformatoria ; des formes d’hystérisme révolutionnaire se rencontrent aussi chez Théroigne de Méricourt, morte à la Salpétrière en 1817 – dont il faut rappeler que c’était là l’un des grands hospices parisiens qui permettait d’enfermer à l’écart ceux que l’on considérait comme des déséquilibrés –, Charlotte Corday, Cécile Renault … » 6.

Quel diagnostic magnifique : la maladie de toutes ces femmes n’est donc qu’un malaise psychologique de type paranoïaque, la paranoïa réformatrice ! Ce sont bien là des mots d’homme qui craignent de se voir obligés d’accepter à égalité les femmes au sein de l’humanité, à leur égal. Argument bien pitoyable !

1 Olivier BLANC établit la première biographie consacrée à Olympe de Gouges aux Editions Syros, Paris 1981. Elle a été rééditée chez Taillandier en 2014. On peut lui joindre celle de Benoîte GROULT, plus brève, in Olympe de Gouges. Œuvres, Mercure de France (coll. Mille et Une femmes), Paris 1986. Il existe également un bande dessinée fort bien documentée de CATEL et BOSQUET, Casterman (coll. « Ecritures »), publiée en 2012.

A cela, il faut également ajouter sur la place générale accordée aux femmes lors de la Révolution française, Dominique GODINEAU, Citoyennes tricoteuses, les femmes du peuple à Paris pendant la Révolution française, Librairie académique Perrin, Paris 2004 ; Paule-Marie DUHET, Les femmes et la Révolution, Gallimard (coll. « Archives »), Paris 1973 ; Annette ROSA, Citoyennes : les femmes et la Révolution française, Messidor, Paris 1989. Voir enfin Louis DEVANCE, « Le féminisme pendant la Révolution française », in Annales historiques de la Révolution française, 1997, vol. 229, p. 341-376.

2 A l’heure où ces lignes ont été écrites, il est difficile d’obtenir des informations sûres sur la personnalité et l’occupation de la mère d’Olympe de Gouges. Ceci illustre encore une fois, d’une manière insidieuse, le silence que l’histoire impose en général aux femmes.

3 Cf. Collection complète des lois …, par J.B. Duvergier, Chez Guyot et Scribe, Paris 1834, t. 6, p. 266.

4 Cf. Collection complète des lois …, par J.B. Duvergier, op. cit., t. 8, p. 120.

5 Cf. Benoîte GROULT, op. cit., p. 60.

6 Voir la thèse du Dr Guillois, Etude médico-psychologique sur Olympe de Gouges, considérations générales sur la mentalité des femmes pendant la Révolution française, Rey, Lyon 1904.

Marie-Olympe-de-Gouges

Olympe de Gouges, pastel attribué à Alexandre Kucharski, Collection particulière, droits réservés.

Olympe de Gouges :

A Woman’s Isolated Voice in a Men’s World Elements for a Biography 1

Dominique Gaurier (University of Nantes)

Officially born the daughter of Pierre Gouze, a butcher in Montauban, and of Anne-Olympe Mouisset, but in reality the illegitimate – or « bastard » following the vocabulary of the time, daughter of the Marquess Le Franc de Pompignan, a man of letters, Olympe related her poor childhood and her difficult girlhood in an autobiographical novel later published under the title of Memoirs of Lady de Valmont.

She recounts having been abandonned at the age of six by her father, a flighty yet bigot and rigid man, who harshly defended privileges and became then the whipping-boy of Voltaire. As to Jean-Jacques Le Franc de Pompignan, he was a magistrate and called himself a writer : his literary talent was certainly exagerated by his daughter. He nevertheless gained a certain fame at his time, which Voltaire contributed much to2.

At sixteen Olympe married Louis-Yves Aubry, a butcher from Montauban. In her autobiographical novel, she wrote she did not love the man who was much older than her. She bore nevertheless a childboy from him, a few months before he died. She then became free and firmly decided she wanted to keep it this way. She however lived a true passion with Jacques Biétrix de Rozières, a rich bachelor working in military transportation. Moving to Paris, he brought Olympe and her young son along with him. She always refused to marry him for the only purposes of securing her material situation. Her way of life was undoubtedly thought as having infringed upon the laws of her sex. By refusing marriage, she therefore became for the rest of the society a libertine woman since, outside of wedlock, « libertine philosophy » was the only other accessible way of life for women.

Olympe also refused to be named as the « widow Aubry » and resolved to change her birth name « Gouze » in « de Gouges », another infringement upon the social mores of her time. She was an illegitimate daughter, a situation legally quite incomfortable by the end of the 18th century as she could not inherit from her biological father. Le Franc de Pompignan hypocritically refused to legitimate her. Curiously enough, that was not thought as too much of a burdden for the young Olympe. However illiterate, uneducated and only speaking the occitan dialect from Montauban, she decided, although perhaps a bit naively, to take up a literary career.

Some writers of the 19th century, as Charles Monselet, did not really believe in such a literary vocation which they justified by her coming of age, thirty year-old, and the concomitant necessity to give a new direction to her professional career. She wrote a number of plays in relation to themes that were very rarely dealt with at the time. She for instance wrote about slavery in her play entitled Zamore and Mirza. In 1785 the play was accepted by the Comédie française. It however was never played due to the direct intervention of the duke of Duras, academician, Marshal of France and ardent supporter of the colons’ party. She wrote other plays, one of which was also refused under the pression of Beaumarchais suspecting a plagiarism. It was called the Loves of Cherubin and was only conceived by Olympe as a continuation of the Marriage of Figaro and had nothing to do with plagiarism. The 19th century famous literary critic, La Harpe, said that the author of the plays had a certain talent, spirit and fantasy.

After the Comédie Française accepted to include Zamore and Mirza in its répertoire, the play being renamed Enslaving Negroes, Olympe published her Reflections on Negro Men long before the Girondin Brissot wrote Friends of the Negroes, in which he strongly condamned the slave trade. The answer came very quickly in the form of an anonymous leaflet drafted by colons and distributed around the capital to oppose the play. According to Le Moniteur, a newspaper at the time, the play was of a vivid and passionate style ; on the other hand, the royalist and conservative papers held in contempt both the author, a woman that did not know where her real place was, and the play itself. The play was only performed three times and the Comédie Française always refused to have it staged again, therefore depriving its author of her own rights on her creation.

Olympe however wrote other plays, such as The Compelled Vows in 1790, in which she exposed the scandal of the imprisonment of young orphan girls wihtout any dowry in convents where they were then forced to take their vows. The play was performed eighty times at the Théâtre Comique et Lyrique. In 1787, she had also wrote The Corrected Philosopher or the Alleged Cuckold which she prefaced in a provocative and naive way. It became soon after one of her best plays, along with Molière at Ninon’s, however also refused by the Comédie française. In 1791 the Comédie Italienne played another production of hers entitled Mirabeau at Champs-Elysées, in which took part Kings Louis XII, Henry IV and Louis XIV, Franklin, Madame de Sévigné and Ninon de Lenclos, a beautiful and independent woman acquainted with writers and philosophers whom Olympe felt close to.

In addition to her autobiographical novel mentioned at the outset, Olympe published a voluminous politico-philosophical novel, The Prince Philosopher, in which she elaborated on her views on sexual equality once again very much in advance for her time.

Just a bit before the French Revolution, she decided to put an end to her literary career and become a political activist. She was then 38 years old. She lamented the absolute impossibility for women to hold a public office, an elective function and to be able to take part in assemblies, all those activities being reserved to men only. She published in 1788 in the Journal général de France a Letter to the people or Patriotic Purse Project, said project being noted only by a few ; she afterwards completed it with a further pamphlet entitled Some Patriotic Observations. Both writings offered very pioneering ideas such as social work, elderly homes, shelters for workers’ children, public activities for jobless persons, or even the establishment of popular tribunals to adjudicate criminal matters, ancestors of our contemporary jurees. She also mentioned hospital sanitation and catastrophic hygiene in maternity wards foreshadowing the works carried out much later by Florence Nightingale. In order to fund these projects, she proposed to tax luxury goods.

In response to the critics she received and against the notion of charity as conceived by the Catholic Church, she herself became a reporter and visited the poverty-stricken hospice in Saint-Denis in order to report on all the defects flourishing there for years without any reform.

During the first months of the Revolution, she bombarded the deputies, the members of the Court and the public with a great number of petitions and other pamphlets, regularly and harshly mocked by a misogynistic press. She had great hopes that the publication in 1790 of the Vindication of the Rights of Women by Mary Wolestonecraft, a woman who Horace Walpole had at the time how so gracefully renamed the « petticoated hyena », would bring some change. In the meantime, in France, Condorcet suggested himself to give women the right to vote in his pamphlet On the Admission of Women to the Rights of Citizenship. He however had to recant as he faced up violent opposition by the deputies of the Constitutional Assembly against the idea of an equal right to vote for men and women.

In such circumstances, it is of no suprise that the Declaration of the Rights of Women and The Female Citizen drafted by Olympe in 1791 was perceived as shocking, inappropriate and scandalous. Based on the 1789 Universal Declaration yet going much further, it was completely ignored by men, outside of a very limited number of individual reactions, while few women dared to refer to it. The only one who in some regard joined Olympe in her fight was Théroigne de Méricourt. The latter only claimed the right to education though as she believed it was the first freedom upon which the others were dependent. No one ever dared to go as far as Olympe in claiming sex equality. The English translation of the Declaration is reproduced in another page.

In 1792 the French Revolution changed path. The monarchy was abolished and the king Louis XVI was prosecuted by the Revolutionary Court. Concurrently, Olympe released a Manifesto against death penalty, which was to be added to the charges held against her during her trial and would certainly contribute to her condemnation. One month before Dumoriez’ troops were to be defeated near the Rhine river and in Belgium, one of her last plays, a patriotic one, entitled The Entry of Dumouriez into Brussels was performed. Quite a bad timing for Olympe as Dumouriez was suspected of high trahison. Furthermore, as the Vendean revolt broke out and the deputies of the Girondian party, whom Olympe gave her support to, were accused by the Montagnards, i.e. the extremist Republican party, to help said revolt, the latter were contemplating the idea of ambushing her and publicly spank her, as they had once done with Théroigne de Méricourt. Olympe however managed to escape the scheme.

This event did not prevent her from publishing her Oeuvres politiques complètes even though she was well aware that she could face death for it. Much more, some months before, she had not hesitated to firmly criticize Robespierre and Marat, whom she thought were the true instigators of the Terror Regime. She had produced a pamphlet for posting all over Paris but was denounced by the printer. She was thereafter arrested and emprisonned at the Abbey of Saint-Germain des Prés. All her friends were themselves either detained or had flewn ; her very own son was obliged to disown her. In spite of this, she managed to have another pamphlet released in which she described her detention conditions. She was consequently tranferred to the « pension de santé Belhomme » where usually only rich prisoners were detained. She could however not stay there long as she had exhausted her financial resources. She was thereafter transferred to the Conciergerie, a prison which was considered at the time as the anteroom of death and where the former queen Marie-Antoinette and her son were also detained.

Very sick, Olympe appeared before a court chaired by Herman, a strong supporter of Robespierre. She was denied any legal assistance and had to defend herself. Unsurprisingly, she was condemned to death and was beheaded on the 3rd of november 1793.

It should be recalled that on 30 October 1793 the National Convention issued a Decree prohibiting clubs and other popular societies of women whose two articles read thus :

Art. 1 : Clubs and popular societies of women under whatever name are forbiden.

Art. 2 : All sessions of the popular and free societies shall be public. 3

Another Decree dated 28 May 1795 would thereafter prevent women from attending political assemblies4. The French Revolution was obviously not a feminist project.

The various commentaries following the death of Olympe de Gouges were shamelessly horrible as illustrated by that of the Moniteur universel :

« Olympe de Gouges, born with a wild imagination, mistook her delirium for an inspiration of nature. She wanted to be a statesman ; it seems that the law punished such conspiratress for having forgotten the manners of her sex » 5.

At the beginning of the 20th century, in his doctoral dissertation, a psychiatrist, a kind of Diafoirus (i.e. in a play of Molière, the typical figure of the bad physician) clearly defined the psychological sickness of Olympe de Gouges as follows :

« Olympe de Gouges may be classified within the category of delirious persons, suffering from paranoïa reformatori; such forms of revolutionary hysteria are to be seen in Théroigne de Méricourt, (…) Charlotte Corday, Cécile Renault, etc. » 6.

What a splendid diagnosis ! These women only suffered from a psychological affection, a paranoïa of reform ! These are words coming from men who feared to have to accept women as their equals in the human family. What a shameful pity !

1 Olivier BLANC wrote the first biography of Olympe de Gouges, Syros ed., Paris 1981. It was reedited by Tallandier in 2014. One can also refer to the short biography written by Benoîte GROULT in Olympe de Gouges. Œuvres, Mercure de France (coll. Mille et Une femmes). See also the strip cartoon by CATEL and BOSQUET, Olympe de Gouges, ed. Casterman (coll. Ecritures), 2012.

With regards the place held by women at the time of the French Revolution, see Dominique GODINEAU, Citoyennes tricoteuses, les femmes du peuple à Paris pendant la Révolution française, Librairie académique Perrin, Paris 2004 ; Paule-Marie DUHET, Les femmes et la Révolution, Gallimard, (coll. Archives), Paris 1973 ; Annette ROSA, Citoyennes : les femmes et la Révolution française, Messidor, Paris 1989 ; Louis DEVANCE, « Le féminisme pendant la Révolution française », in Annales historiques de la Révolution française, 1997, voL. 229, p. 341-376.

2 It has not been possible as of now to find reliable information regarding Olympe’s mother. This is once again illustrative of the silences historical narratives indirectly impose on women.

3 Cf. Collection complète des lois …, par J.B. Duvergier, Chez Guyot et Scribe, Paris 1834, t. 6, p. 266.

4 Cf. Collection complète des lois …, par J.B. Duvergier, op. cit., t. 8, p. 120.

5 Quoted in Benoîte GROULT, op. cit., p. 60.

6 See Dr. Guillois, Etude médico-psycologique sur Olympe de Gouges, considérations générales sur la mentalité des femmes pendant la Révolution française, thèse soutenue à Lyon, Rey éd., Lyon 1904.


Source: Clarissa Palmer; http://www.olympedegouges.eu

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