Portrait

Portrait: Gina Heathcote

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Gina Heathcote

Senior Lecturer and Chair of the Centre for Gender Studies, SOAS, UK

[EN version below]

  •  Pourquoi travaillez-vous dans les études (juridiques) féministes, genre, LGBTQIA etc.? Quel est le déclic qui vous y a amené-e?

J’ai pris connaissance du féminisme juridique (Feminist Legal Theory) alors que j’étudiais le droit en Australie dans les années 1990 – Nicola Lacey enseignait un cours sur le sujet à la Australian National University et avec deux ami-e-s, avec lesquel-le-s nous nous étions au cours de l’été échangé-e-s Toilettes pour femmes (The Women’s Room), l’ouvrage de Marilyn French, nous y assistâmes. Nous suivîmes également le cours de Jill Matthews sur les Sexual Politics. Depuis lors, j’ai développé une véritable passion pour les méthodes féministes, lesquelles sont devenues la source de mes recherches et de ma posture politique. Cette première rencontre littéraire avec le féminisme explique peut-être mieux pourquoi j’aime tout particulièrement explorer comment les diverses formes de récit façonnent les méthodes féministes. Un autre scénario est cependant tout aussi valable si l’on s’arrête un moment sur la photo de moi ci-dessus, prise lorsque j’étais à la maternelle portant un t-shirt prônant la libération des femmes (« women’s lib) : dans ce cas, c’est ma mère qui doit être considérée comme la première influence féministe dans ma vie.

  • Quels sont les enjeux et les obstacles de votre recherche dans ces domaines?

Alors que les développements actuels au niveau juridique et politique international ne font que promouvoir des modèles féministes très limités qui reprennent des agendas féministes de type néolibéraux ou radicaux, les approches féministes critiques et transnationales, elles, se retrouvent toujours plus reléguées aux seules sphères académiques ou activistes. Cela a pour double conséquence de créer, d’une part, de nouvelles possibilités de dialogues féministes tout en supprimant, de l’autre, les espaces où créativité, colère et complexité féministes peuvent s’exprimer. Repenser ce que l’on croit savoir en tant que féministes, se pousser à aller plus loin dans nos réflexions, trouver un équilibre entre accrochages stratégiques et besoin de trouver des solutions aux tensions et d’écouter, tout ceci est alors négligé. Ceci dit, mon plus grand défi personnel dans la recherche reste de trouver du temps : l’université néolibérale nous en a dépossédé.

  •  Quels sont vos projets de recherche futurs?

Je travaille actuellement à l’écriture de mon deuxième livre qui s’intitule Feminist Dialogues on International Law : Successes, Tensions, Futures (à paraître chez Oxford University Press en 2016). Je suis également la co-directrice de deux hors-séries de la Feminist Review, le premier sur le thème de la violence (mars 2016) et le second sur celui des utopies/dystopies (mars 2018). Je suis par ailleurs en train de réfléchir à un troisième livre dont le titre serait Gender, War and Law et qui paraitrait en 2017.

  • Une citation ou une oeuvre d’un-e auteur-e féministe, genre, LGBTQIA etc. (ou critique) que vous voudriez faire découvrir?

Ma citation préférée provient de la réformatrice et anarchiste Lucy Parsons : « Réinventer notre quotidien exige que nous transgressions nos imaginaires. »


 

  •  Why do you work in the field of legal feminist, gender, LGBTQIA etc. studies? What reason or defining moment led you to these fields of research?

I encountered Feminist Legal Theory as an undergraduate in Australia in the 1990s – Nicola Lacey was at the ANU teaching a course on Feminist Legal Theory and, with 2 friends (who had all passed Marilyn French’s The Women’s Room between us over the summer), took this course alongside Jill Matthews’ wonderful course on Sexual Politics. Ever since a commitment to developing feminist method has been my passion and it propels all my research and politics. With my initial interest picqued by literature it is perhaps not surprising that I am particularly drawn to exploring in how different forms of narrative inform feminist methodologies. However, an alternative story is held in a snapshot taken of me at kindergarten proudly wearing a women’s lib t-shirt (as shown above) in which case my mum should be acknowledged as my first feminist influence.

  • What are the stakes and the challenges that you face in your research in these areas?

Critical and transnational feminist approaches are increasingly relegated to the space of ‘academic’ feminism and/or ‘activist’ spaces, as international legal and policy developments increasingly endorse narrow feminist models that re-assert liberal and radical feminist agendas. This has the result of both ushering in new opportunities for feminist conversations and shutting down the space for creativity, anger and complexity in feminism. Rethinking what we think we know as feminists, challenging ourselves to think further, balancing strategic engagements with a commitment to addressing tensions and listening all too often get left behind. However, personally my biggest challenge to research is finding time: the neoliberal university robs everyone of time.

  • What are your future research projects?

I am currently writing my second book, titled Feminist Dialogues on International Law: Successes, Tensions, Futures (to be published by OUP in 2016), am the co-editor two Special Issue of Feminist Review, the first on Violence (March 2016) and the second on Utopias/Dystopias (March 2018). I am also planning a further book titled Gender, War and Law to be published in 2017.

  • Please share a quote or the title of a piece by a feminist, gender, LGBTQIA etc. (or critical) studies author you would like others to get to know.

My favourite quote is from anarchist and social reformer Lucy Parsons:

« The reinvention of daily life means marching off the edge of our maps. »

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